VOUS VOULEZ SAVOIR LA SUITE ?

VOUS VOULEZ SAVOIR LA SUITE ?

— C’est très étonnant, dit la Marquise, plus de 400 personnes ont lu vos élucubrations sur Pic de la Mirandole dans la journée de lundi. Je croyais que tout le monde se fichait de la philosophie.

— Qui vous l’a dit ?

— Facile, mon cher ! Un petit écriteau s’affiche sur Facebook pour indiquer le nombre de vos lecteurs. Il y en a même qui cliquent sur « J’aime ». Charmant, non ?

— Tout à fait charmant ! Pensez-vous qu’ils désirent connaître la suite des aventures de l’ami Pic ?

— Probable ! Moi-même, je brûle d’impatience ! Mais je ne peux pas préjuger des autres.

— Alors, nous allons tenter un expérience : si vous voulez savoir la suite de l’histoire de Pic, cliquez sur « J’aime » et je la publierai illico.

— Mais j’aimerais aussi connaître la suite des aventures d’Hamlet et de Polonius et comment Baptiste pense qu’il faut mémoriser un texte assez peu fluide !

— Patience ! Tout vient à son heure, etc.

— Allez ! Un bon geste ! Juste quelques lignes…

— D’accord, uniquement parce que c’est vous. Je vous livre le début de la suite, avec un brin d’érudition, puisque je cite Juan Luis Vives, Ermolao Barbaro et le fameux orateur grec Gorgias :

« Au XVe siècle, les philosophes ne vivent pas dans des tonneaux pour scandaliser les passants en leur posant des questions tortueuses. Ils enseignent dans les universités, notamment dans les facultés de théologie où ils participent à des “disputes” publiques, compétitions sans merci organisées plusieurs fois par an. Étudiants et professeurs se pressent pour assister à ces débats où l’on joue sa notoriété. Un demi-siècle après Pic, Juan Luis Vives (c’est lui qu’on voit sur la photo), brillant disciple d’Érasme, a donné une description saisissante de ces joutes oratoires, qui restaient le nec plus ultra du débat universitaire : “Et ce n’est pas assez qu’il y en ait une ou deux par jour, autant que de repas : avant le déjeuner, dispute ! après le déjeuner, dispute ! après le dîner, dispute ! Leur but est-il d’apprendre ou de digérer ? Dispute à la maison. Dispute à l’extérieur. Dispute à table, aux bains, aux étuves, à l’église, à la ville, en public, en privé, en tout lieu, en tout temps. Les putains ne se querellent pas aussi souvent sous les yeux du maquereau, les gladiateurs ne luttent pas tant de fois sous les yeux du laniste que ces gens sous les yeux de leur maître… en philosophie !”

Néanmoins, ses amis prennent Pic au sérieux, tel le célèbre humaniste Ermolao Barbaro qui écrit : “En ce qui a trait aux 900 questions que Pic se dit prêt à disputer publiquement lors d’une rencontre d’hommes savants, non pas à l’exemple des académiciens, ni des péripatéticiens, mais de Gorgias de Leontium, homme brillant par sa doctrine, de cela certes, je le loue, même si je ne m’en étonne pas. Il n’y a aucun doute que notre Pic n’obtienne de ce débat une gloire immortelle pour lui-même ni ne procure un plaisir incomparable à ses amis. Mais il ne m’est pas aisé de juger de cela, vu ma très constante et favorable inclination à son égard.” »

— Sapristi, dit la marquise, j’en ai l’eau à la bouche ! Je clique immédiatement sur « J’aime ».

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