L’ENFER DE LA CONF’CALL

L’ENFER DE LA CONF’CALL

(Prononcez : konfkaul, plize !)

— Mais où avez-vous donc pêché cela ? demande la Marquise.

— Chez un nouveau client avec qui je travaille depuis quelques semaines. C’est une très grosse entreprise internationale, comptant plusieurs dizaines de milliers d’employés. Ils m’ont demandé de les aider à travailler leurs prises de parole.

— Qu’est-ce donc que cette chose au nom barbare ?

— Ils nomment conf’call un genre très particulier de réunions. Imaginez-vous toute seule dans un bureau, face à un téléphone.

— Jusque là, pas de problème.

— Le téléphone sonne et vous vous trouvez en ligne avec une centaine de correspondants, situés aux quatre coins de la planète. L’un est en Floride, l’autre à Singapour, le troisième à Hong Kong, un autre à Sidney, un autre à Poona (Inde), etc.

— Étonnant ! Mais cela ne pose-t-il pas quelques problème de fuseaux horaires ? À quelle heure peut-on organiser ce genre de rendez-vous ?

— Mes clients parisiens ont de la chance : ils se trouvent à peu près à mi-chemin entre l’Extrême-Orient (la Chine) et l’Extrême-Occident (les États-Unis). Du coup, la réunion est en général prévue en milieu d’après-midi, heure de Paris. Je plains les Australiens qui doivent se lever à 3 h du matin.

— Très bien ! Mais quel est le problème exactement ?

— Vous ne connaissez qu’un très petit nombre de participants (et encore, par email ou par téléphone) et vous allez devoir parler avec eux « en aveugle » car vous ne les voyez pas, et en anglais par-dessus le marché !

Malheur ! J’ai déjà le trac au téléphone lorsque je ne connais pas mon correspondant ! J’aurais l’impression de me trouver propulsée au milieu de la scène du palais des Congrès avec un bandeau sur les yeux. N’y a-t-il pas moyen de se défiler ?

— Hé non, ma chère, et en plus, parmi les correspondants, il y a le big boss et pas mal de boss intermédiaires.

— Vous avez raison, c’est l’Enfer !

 

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