LE DIRE OU PAS ?

LE DIRE OU PAS ?

Moi : Avez-vous remarqué, hier soir, la différence de réaction des deux principaux candidats perdants au premier tour des présidentielles ?

La Marquise : Fillon et Mélenchon ? Oui, bien sûr, je l’ai remarquée. Ils étaient visiblement très contrariés tous les deux, ce qui se comprend sans peine, mais ils ont tenu des discours très différents.

Moi : Absolument ! Fillon a reconnu sa défaite puis appelé (sans grand enthousiasme) à voter Macron au second tour pour faire barrage au Front national. En revanche, Mélenchon s’est réfugié derrière l’incertitude provisoire des résultats, puis derrière la nécessité de consulter sa base, pour ne faire ni l’un ni l’autre.

La Marquise : Faut-il penser que la blessure de son ego lui fait perdre de vue le combat principal ? On dirait qu’il déteste plus Macron et Hamon, ses rivaux directs, que Marine Le Pen.

Moi : Je crains que ses partisans ne se sentent légitimés à voter blanc, voire à voter pour le Front national, avec un raisonnement du genre : « Plutôt le chaos général qu’une alliance momentanée avec nos rivaux ! »

La Marquise : N’est-ce pas comme cela qu’Hitler a finalement gagné les élections de mars 1933 ?

Moi : En effet, en novembre 1932, pour les législatives, les partis socialiste et communiste allemands rassemblaient encore largement plus de voix que le parti nazi (même allié au parti du peuple). L’incendie du Reichstag (impressionnante action terroriste !) a fait le reste.

La Marquise : On peut penser ce qu’on veut de la démocratie, mais ses règles font précisément sa supériorité sur la foire d’empoigne ou les coups d’État des seigneurs de la guerre. Les Anglais nomment cela le fair play, ce qui est grosso modo un code de civilité entre les combattants. Les règles du jeu électoral sont aussi bien connues que celles d’un match de football ou de tennis : à la fin d’un match, vainqueur et vaincu doivent se serrer la main, ce qui promet à leurs supporters de belles revanches à venir. S’ils refusent de le faire, cela risque fort de se régler à coups de couteau dans le dos et de bourrage d’urnes.

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