CRIME CONTRE L’HUMANITÉ

CRIME CONTRE L’HUMANITÉ

Emmanuel Macron, candidat à la présidentielle, est à Alger le 14 février. Il déclare à la chaîne de télévision locale Echorouk news : « La colonisation… est un crime. C’est un crime contre l’humanité. C’est une vraie barbarie et ça fait partie de ce passé que nous devons regarder en face en présentant aussi nos excuses à l’égard de celles et ceux vers lesquels nous avons commis ces gestes… En même temps, il ne faut pas balayer tout ce passé, et je ne regrette pas cela parce qu’il y a une jolie formule qui vaut pour l’Algérie : La France a installé les droits de l’homme en Algérie, simplement elle a oublié de les lire. »

Pourquoi ce discours fort bien pesé a-t-il déclenché le tollé que l’on a vu dans la presse de droite ? Dérapage ! pour certains, Irresponsable ! Scandaleux ! Connerie majeure ! pour d’autres. « Il s’est pris les pieds dans le tapis ! » pour les plus légers.

— Cherchez l’erreur ? suggère la Marquise.

— Son erreur n’est pas dans le contenu, mais dans la forme. Au lieu de dénoncer clairement des responsables (Cavaignac, Canrobert, Pélissier ou Saint-Arnaud massacrant de sang-froid en 1844-45 des tribus entières, y compris femmes et enfants, en les enfumant dans des grottes), il a énoncé des généralités qui contiennent tout et son contraire (crime, barbarie, France, Algérie). Il y a eu des bourreaux et il y a eu des héros. C’est le même genre de rhétorique qui fait dire : Tous les Français étaient des collabos (ou des résistants), ou : tous les Allemands étaient antisémites, ou tous les juifs des braves types, tous les Gitans des voleurs de poules, tous mes élèves des cancres.

La plupart des Français ignorent les abominations commises par les armées coloniales pendant la conquête, elle-même qualifiée du terrifiant euphémisme de « pacification ». Ils ignorent aussi qu’en 1962, le général de Gaulle a ordonné d’abandonner les harkis (supplétifs indigènes de l’armée française) en Algérie lors du départ de l’armée, ce qui les condamnait au massacre certain par le FLN.

— Il est vrai que ces versants peu édifiants de l’histoire nationale ne font pas partie des programmes scolaires — pas plus que les atrocités de même genre commises à Madagascar, au Viet-Nam ou au Cameroun.

1 Commentaire
  • Françoise Etchebeheïty
    Posted at 17:40h, 26 février Répondre

    Pourquoi tant de vérités sont-elles gâchées par une expression maladroite ou imprécise ? Que font donc les conseillers en communication ? Emplois fictifs ? Heureusement que la Marquise s’en mêle !

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