ANTON TCHÉKHOV ÉTAIT-IL SOURD ?

ANTON TCHÉKHOV ÉTAIT-IL SOURD ?

— Non, pas que je sache, dit la Marquise. Il était surtout très bavard. Son théâtre en tout cas. Alors, pourquoi avoir fait jouer Les Trois Sœurs en langue des signes ?

Moi : Qui a eu une idée pareille ?

La Marquise : Timofeï Kouliabine, « figure-phare du jeune théâtre russe », comme dit le programme du Festival d’Automne. Le résultat est « sidérant » : quatre heures pendant lesquelles les acteurs jouent à simuler des sourds qui n’en sont pas, puisque, d’après le texte, les sœurs Prozorov n’étaient pas sourdes, ni leurs invités, les militaires de la garnison locale.

Moi : C’est peut-être un spectacle pour les sourds ?

La Marquise : Pas non plus. Si bien que j’ai passé mon temps à lire les surtitrages (en anglais et en français pour corser l’affaire) tout en cherchant à savoir quel acteur disait quoi. C’est exténuant.

Moi : Mais, si les acteurs s’expriment en langue des signes, comment font-ils les gestes « normaux » ?

La Marquise : C’est bien le problème. Celui qui « parle » est obligé de rester planté comme un piquet pour être sûr que tout le monde voie ses gestes. Finalement, ceux qui jouent le mieux sont ceux qui ne parlent pas, comme la bonne. Paradoxal, pour du théâtre naturaliste et plutôt bavard, non ?

Moi : Ne me dites pas que vous êtes partie à l’entracte ?

La Marquise : Hélas si. Heureusement, il y a un entracte toutes les heures.

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