ACRONYME ET CONCOURS DE CATÉGORIE C

ACRONYME ET CONCOURS DE CATÉGORIE C

L’autre jour, un futur candidat à un concours de catégorie C du ministère des finances (agent de constatation des douanes), me montre des annales de l’épreuve d’admissibilité. Il est très anxieux à la lecture des « cas pratiques ». Dès la première question, on demande ce qu’est un acronyme. Je lui demande bien sûr s’il sait ce que c’est.

— C’est quelqu’un qui est accro à quelque chose. Sans doute une sorte de drogué.

Je m’empresse de lui expliquer qu’on écrit acronyme avec un seul c et que c’est un mot composé grec, tiré de akros, qui signifie l’extrémité, le sommet (comme dans acropole) et onyma, qui signifie le nom. Un acronyme est donc un mot fabriqué avec les extrémités (les premières lettres) de plusieurs mots.

— Exemple ?

— Codir, pour comité de direction, ONU pour Organisation des Nations-Unies.

L’homme est sidéré. Je vois dans son regard qu’il a compris la leçon : la sélection pour les concours administratifs de catégorie C, supposés destinés aux titulaires du brevet des collèges, élimine quiconque ne connaît pas les arcanes de la langue savante. Il m’implore : Pensez-vous que j’ai une chance de réussir, même si je fais des QCM chaque jour et si j’apprends par cœur des fiches de culture générale ?

Je n’ose pas lui répondre que je crains le pire, car je viens de jeter un œil sur le « cas pratique n° 2 » : c’est un long article sur les problèmes de l’école maternelle, dont le titre est : « L’ascenseur social est-il en panne ? » Je tente un nouvel essai : « Savez-vous ce qu’est l’ascenseur social ? »

— Sapristi ! s’écrie la Marquise, le concours a lieu demain ! Je lui souhaite bonne chance !

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